La fin du courrier sous film plastique ?

Le 28 février 2019, un arrêté du Gouvernement wallon favorisant la prévention de certains déchets et la propreté publique a été adopté. Il interdit les envois postaux sous film plastique, tout en prenant en compte la nécessité de laisser un temps d’adaptation aux acteurs.

Il considère ainsi que « la mise sous film plastique des publications gratuites n’est pas indispensable à leur distribution, et que les alternatives avérées sont disponibles sur le marché, notamment pour le regroupement des publications, leur protection éventuelle et leur adressage ». Fini donc le film plastique autour des envois postaux, les entreprises devront mettre en œuvre d’autres moyens (écologiques) pour protéger ou regrouper leurs envois postaux.

Champ d’application

L’arrêté vise principalement les « imprimés publicitaires », terme qui englobe les catalogues, documents promotionnels, bons de commandes, offres, et tout autre document envoyé par les entreprises de vente en ligne.

La presse d’information gratuite est également soumise à l’interdiction, mais uniquement si la publication remplit plusieurs conditions cumulatives portant notamment sur la périodicité et le type de contenu (information à portée locale, petites annonces, manifestations culturelles, enquêtes publiques, etc.).

La nouvelle réglementation revêt néanmoins un bémol, et non des moindres : elle ne concerne que la distribution d’imprimés publicitaires sur le territoire de la région wallonne. Les autres régions (flamande et bruxelloise) ne sont pas concernées.

Interdiction immédiate ou progressive ?

Pour les imprimés publicitaires sous film plastique qui ne faisaient l’objet d’aucune distribution sous film plastique avant le 28 avril 2019, leur distribution sous film plastique est directement et immédiatement interdite en Région wallonne.

Pour les imprimés publicitaires qui faisaient déjà l’objet d’envoi sous film plastique avant le 28 avril 2019, il a été prévu une réduction progressive de leur usage jusqu’à leur suppression complète au 31 décembre 2022.

Les objectifs de réduction sont les suivants :

  • pour le 31 décembre 2019 : réduction de minimum 20 % de la quantité de films plastiques utilisés en 2017 ;
  • pour le 31 décembre 2020 : la réduction de minimum 30 % de cette quantité ;
  • pour le 31 décembre 2021 : la réduction de minimum 50 % de cette quantité ;
  • pour le 31 décembre 2022 : la suppression totale des films plastiques.

Lorsque les données ne sont pas disponibles pour 2017, l’année de référence pourra être 2018 (moyennant due motivation et démonstration auprès de l’administration).

La quantité de films plastiques s’entend du tonnage de films plastiques destinés à la région wallonne ou, lorsque les données ne sont pas disponibles, et moyennant due motivation et démonstration de l’équivalence, le nombre de films utilisés.

Les obligations de rapport annuel

 Pour le 1er mars de chaque année, les distributeurs d’imprimés publicitaires devront faire rapport à l’administration (à savoir le Département sols et déchets (DSD) du SPW Agriculture, ressources naturelles et environnement) reprenant :

  • Le nombre de publications emballées dans du film plastique et distribuées en Wallonie l’année précédente ;
  • Les producteurs respectifs de ces publications ;
  • L’année de référence ;
  • Le tonnage correspondant de films plastiques.

Le format et les modalités des rapports et communications sont pour le moment libres, mais l’administration pourra les préciser ultérieurement. Possibilité qu’elle examine en ce moment-même.

Les distributeurs peuvent confier l’exécution collective de tout ou partie de leurs obligations de rapport à un tiers, à condition d’en communiquer les coordonnées à l’administration.

Les sanctions

Le non-respect de l’obligation de réduction progressive est une infraction de catégorie 2, conformément à l’article 51 du décret du 27 juin 1996 relatif aux déchets.

Il peut être puni d’une amende d’au moins 100 euros et de maximum 1.000.000 euros. Théoriquement, le responsable pourrait également être puni d’un emprisonnement de huit jours à trois ans.

Les peines maximales pourront être doublées en cas de récidive dans les 3 ans.

L’infraction pourra également être poursuivie par voie d’amende administrative d’un montant de 50 à 100.000 euros.

En 2021, de nouvelles sanctions entreront en vigueur. Les sanctions pénales resteront identiques, mais les sanctions administratives seront quant à elles augmentées à un montant allant de 150 à 200.000 euros. Des mesures d’exécution à prendre par le prochain Gouvernement pourront le cas échéant prévoir l’application exclusive de sanctions administratives ou l’application de mécanismes transactionnels pour certaines infractions.

Conclusion

L’arrêté du 28 avril 2019 a le mérite de prendre une mesure forte et très concrète pour la protection de l’environnement et la réduction des déchets plastiques.

Il est néanmoins regrettable que les Régions n’ont pas pu se mettre d’accord sur des mesures qui seraient uniformes sur l’ensemble du territoire.

D’ici-là, reste à espérer que l’exemple wallon sera suivi par les autres Régions ou que les entreprises adopteront de leur plein gré ces mesures à l’ensemble de leurs envois postaux.

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Laurent de Brouwer et Charlotte Behets Wydemans

Implementation of the GDPR in Belgium – An overview of the law of 30 July 2018

Following the entry into force of the GDPR on 25 May 2018 (see our news “GDPR – Are you ready?”), the law of 30 July 2018 on the protection of natural persons with regard to the processing of personal data, which repeals the law of 8 December 1992, has been published in the Belgian Official Journal on 5 September 2018 and entered into force the same day.

Another matter on which the GDPR gives some flexibility to the Member States is the processing of Although the GDPR is directly applicable in all EU Member States, it contains numerous provisions allowing or imposing on the Member States to enact national implementation provisions.

The material scope of the new Belgian law is, however, more extensive than a mere implementation of the GDPR. It also transposes the Directive 2016/680 on the protection of natural persons with regard to the processing of personal data by competent authorities for the purposes of the prevention, investigation, detection or prosecution of criminal offences or the execution of criminal penalties, and regulates in details the conditions under which personal data can be processed by various public authorities in that context, including by national intelligence and security services, armed forces, the threat assessment coordination body, the passengers information body, or even the body controlling the police information.

The following overview will focus on the consequences of the law of 30 July 2018 for private undertakings rather than the public sector.

Territorial scope of the law

The territorial scope of the law is determined by criteria similar to those outlined in the GDPR. Therefore, the law applies to any processing of personal data in the context of the activities of the establishment of a controller or a processor in Belgium, as well as to any processing of personal data of data subjects who are in Belgium by a controller or processor not established in Belgium where the processing activities are related to the offering of goods or services to data subjects in Belgium or to the monitoring of the behaviour of data subjects in Belgium.

Age of consent

In accordance with the flexibility provided by the GDPR, the Belgian legislator decided to lower to 13 (instead of 16 in the GDPR) the age from which children can consent themselves to the processing of their personal data by a third party willing to address them a direct offer of information society services.

Sensitive data

Another matter on which the GDPR gives some flexibility to the Member States is the processing of so-called ‘sensitive’ data (particularly, personal data revealing the racial or ethnic origin of the data subject, their political opinions, their religious or philosophical beliefs, their trade union membership, data concerning their health or even their sexual orientation). Namely, the GDPR provides that the Member States can enact reasons of substantial public interest allowing, under certain conditions, the processing of such sensitive data. The Belgian legislator has set a list of processing activities based on such reasons including, in particular, the processing by associations for the defence of human rights or for the assistance to missing or sexually exploited children. Additional conditions oversee the processing of genetic data, biometric data or health-related data.

Judicial data

The GDPR enables the Member States to allow, under certain conditions, the processing of personal data relating to criminal convictions and offences or related security measures by other persons than official authorities. In that respect, the Belgian law notably allows the processing of such data by natural persons or by legal persons governed by public or private law, as long as it is necessary for the management of their own disputes. The law also authorises lawyers to process such data if the defence of their clients requires it. Another specific scenario dealt with by the law is when the personal data are made public by the data subject. In such cases, the processing is allowed provided that it is compatible with the purpose for which the data have been made public. Nonetheless, the lawfulness of those processing activities always depends, in particular, on the respect of the confidential nature of these data.

Specific processing purposes

The processing of personal data for journalistic purposes and for the purposes of academic, artistic or literary expression is subject to an alleviated legal regime to avoid restricting excessively such activities. In particular, the law waives the data controller’s obligation to provide information and limits considerably the rights of the data subjects.

The law also provides for a derogatory regime for personal data processing made for purposes of archiving in the public interest, scientific or historical research, or statistical purposes. In accordance with the GDPR, the law oversees such processing with appropriate safeguards.

Procedural aspects and sanctions

Procedurally, the law creates the possibility for data subjects to seek a ceasing order in case of unlawful processing or to potentially assert their rights, in particular their right of access and of rectification, their right to be forgotten, or even their right to restrict the processing. The data subject can also mandate a body, an organisation or an association to act on their behalf. As the case may be, such ceasing order may also be requested by competent authorities. The judge, adjudicating in such proceedings, can order not only the termination of the breach but also publicity measures if they can contribute to the termination of the breach or its effects. The judge can also order the data controller or data processor to inform third-parties that they had access to data which are inaccurate, incomplete or irrelevant, or whose storage is forbidden. The judge can even be seized by an ex parte application if there are serious reasons to believe that evidence could be concealed, could disappear, or could be made inaccessible, and order any measure to prevent such concealment, disappearance or inaccessibility.

Finally, the law provides for various administrative and criminal sanctions, that can be imposed on the data controller or processor, or against their servants or agents.

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Philippe Campolini and Charlotte Behets Wydemans

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